Un festival d’hypocrisies de la gauche régionale sur la question de la clause d’interprétariat dite « clause Molière »

Aujourd’hui, lors du débat sur la politique des achats publics de la Région, nous avons assisté à un festival d’hypocrisies de la gauche régionale sur la question de la clause d’interprétariat dite « clause Molière ».

  •  Hypocrisie parce que la gauche se drape dans de grands principes d’ouverture et de liberté pour tenter de dissimuler une triste réalité, celle de la concurrence déloyale entre les travailleurs européens créée par la directive européenne sur les travailleurs détachés.
  •  Hypocrisie également parce que les socialistes et les écologistes ne cessent de parler au nom du modèle social français alors qu’ils font, dans les faits, le jeu du dumping social en Europe.
  •  Hypocrisie enfin parce que la gauche a cherché à faire croire que la clause que nous avons adoptée était dirigée contre les travailleurs étrangers alors qu’elle vise au contraire à exiger que les travailleurs qui sont employés sur les chantiers de la Région soient pleinement informés sur le droit social français et que leur sécurité soient concrètement assurés, en particulier ceux qui ne parleraient pas français. Si tel n’était pas le cas, cette clause prévoit que la Région demande à l’employeur concerné d’assumer des frais d’interprétariat, afin que cette garantie soit respectée.

    Quelle est cette gauche qui s’oppose à la protection et à l’information des travailleurs ? Il est particulièrement navrant de constater que socialistes et écologistes soient devenus les compagnons de route d’une dérive ultralibérale qui nous éloigne chaque jour un peu plus de l’idéal européen auquel nous croyons, celui d’une Europe forte et protectrice. C’est au nom de cet idéal que nous assumons de mener dans les Pays de la Loire le combat contre les effets dévastateurs de la directive sur le travail détaché.

    Ce combat nous le menons concrètement, à travers l’expérimentation de cette clause sur un projet d’extension de lycée, afin de créer une jurisprudence favorable sans pour autant mettre en danger l’ensemble de nos chantiers. C’est aussi un combat contre la fatalité parce que les habitants des Pays de la Loire ne nous ont pas élus pour subir, pour rester les bras croisés devant ce qui détruit des emplois et met en danger des salariés.

    Bruno RETAILLEAU