L’accord avec Ficantieri doit se faire sous condition de l’entrée au capital d’entreprises ligériennes et d’une présence minoritaire de l’actionnariat italien

J’ai rencontré ce matin Bruno Le Maire avec les représentants des entreprises ligériennes candidates à l’entrée au capital de STX. J’ai dit à Bruno Le Maire qu’un accord avec Ficantieri ne pouvait se faire qu’à deux conditions.

• Première condition : que Fincantieri ne soit pas l’actionnaire majoritaire de STX, car c’est une entreprise qui appartient à l’Etat italien. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu’en cas de retournement de conjoncture, l’Italie demande à Fincantieri de délocaliser à Trieste les emplois et les savoir‐faire de Saint‐Nazaire. C’est pourquoi j’ai aussi demandé à Bruno Le Maire que le pacte d’actionnaires prévoie des garanties drastiques pour préserver nos intérêts français. La France doit notamment avoir un droit de veto sur les décisions de la future direction.

• Deuxième condition: que la vingtaine d’entreprises locales que nous avons réussi à mobiliser puissent entrer au capital de STX. Ces entreprises sont pour la plupart sous‐ traitantes de STX. Elles sont l’un des leviers essentiels de sa compétitivité et elles emploient 4 500 personnes, soit les 2/3 des salariés qui vivent grâce à STX. La présence de ces entreprises locales au tour de table est une garantie essentielle que l’ancrage local de STX sera préservé. La vente de STX ne peut pas se faire sur le dos de nos entreprises et de nos salariés. Ne soyons pas naïfs : l’Italie n’est pas un adversaire mais elle est un concurrent. La France doit donc négocier fermement avec les autorités italiennes pour défendre au mieux nos intérêts et nos emplois.

Bruno Le Maire s’est montré très ouvert à notre proposition et je serai très attentif, dans les prochains jours, à ce que le Gouvernement français ne se laisse pas intimider par l’Italie.

Bruno RETAILLEAU, Président du Conseil régional des Pays de la Loire