NDDL : Certainement pas une opération d’évacuation, mais une opération de communication

Voilà une semaine que les opérations sur la ZAD ont commencé et je suis profondément inquiet devant la faiblesse coupable de l’Etat sur la ZAD. Que s’est-il vraiment passé cette semaine à Notre Dame de Landes ? Certainement pas une opération d’évacuation, mais une opération de communication.

Car certes, 29 baraques en planche ont bien été détruites sous l’oeil des caméras.  Il ne s’agit pas d’une évacuation car les zadistes sont toujours là, de plus en plus nombreux d’ailleurs. En revanche,  des gendarmes ont été exposés au danger et plusieurs dizaines d’entre eux ont été blessés sans que l’Etat de droit ait été restauré. 

 La vérité, c’est que l’Etat s’est piégé tout seul. En voulant négocier avec ceux qui se sont mis en dehors de la loi républicaine, en refusant d’évacuer totalement la zone, ce qui était la seule solution, l’Etat s’est mis dans une situation impossible. Plus les jours passent, plus la violence augmente, avec hier l’agression d’un autocar et des dégradations contre l’hôtel de la Region.

Désormais dos au mur, que propose l’Etat pour rétablir l’ordre républicain ? Un formulaire simplifié, c’est à dire un privilège d’installation en contradiction totale avec les règles du droit agricole, comme le déplore la chambre d’agriculture. En clair, un véritable permis officiel de squatter et d’occuper légalement des terres conquises par voies de fait. 

Mais pourquoi les zadistes accepteraient demain ce qu’ils ont refusé hier ? Que se passera t’il a l’issue du délai indiqué par la Préfète ? L’Etat tend une main qui tremble si fort que personne ne prend de risque à la repousser. 

Sur Notre Dame des Landes, Emmanuel Macron a voulu jouer au plus fin, en enterrant l’aéroport sans supprimer la ZAD. Mais le « en même temps », ça ne marche pas avec les zadistes ! Cette opération risque de se terminer comme elle a commencé le jour de l’abandon de Notre Dame des Landes : par le triomphe des zadistes qui célèbreront dimanche la défaite de l’Etat.