Réfugiés en Irak : un parrainage humanitaire des familles ligériennes

Face au drame des réfugiés, notre devoir est d’agir, à l’échelle européenne et nationale, mais aussi régionale. C’est pourquoi Bruno Retailleau fait une proposition : un parrainage solidaire des familles des Pays de la Loire en direction des familles réfugiées en Irak.

Personne ne peut rester indifférent devant le drame des réfugiés.

Bien sûr, il y a d’abord les causes qu’il est nécessaire de traiter. La cause principale de l’afflux massif des réfugiés, c’est Daech. Si nous n’éradiquons pas l’Etat Islamique par une nouvelle stratégie diplomatique et militaire intégrant notamment la Russie et l’Iran, nous ne mettrons jamais fin à cette tragédie.

Et puis, il y a les conséquences. Tous ceux qui fuient la barbarie.

Ceux qui arrivent aux portes de l’Europe, bien sûr, pour lesquels l’Union Européenne et les Etats doivent trouver des solutions pour qu’ils soient accueillis dignement. Si la France n’a pas les moyens d’accueillir « toute la misère du monde » et notamment les migrants économiques pour lesquels la fermeté s’impose, elle a en revanche le devoir de respecter le droit d’asile.

Mais n’oublions pas non plus ceux qui ont pu rester, car ils ont pu trouver refuge dans des zones relativement stabilisées. C’est le cas notamment des populations de la plaine de Ninive en Irak. Par deux fois, je me suis rendu dans cette région, j’ai d’ailleurs été le premier parlementaire à m’y rendre après la chute de Mossoul à l’été 2014. J’y ai vu la réalité la plus cruelle. Des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants s’entassent dans des baraquements de fortune. Ils manquent de tout. Et les associations humanitaires ont besoin de dons pour assurer leur survie. La semaine prochaine, je participerai à ce titre à la conférence internationale pour les minorités d’Orient à laquelle j’ai été invité par Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères.

Pour les réfugiés en Irak, nous avons aussi le devoir d’agir. Pour qu’ils puissent vivre dignement. C’est ce que m’ont dit les associations présentes sur place. Car rien ne serait pire que ces réfugiés-là quittent aussi leur terre. Parce que leur pays a besoin d’eux, parce que l’arrachement à sa terre est une tragédie pour chaque être humain, et parce que la France n’a les moyens d’accueillir que les cas désespérés, ceux qui fuient la mort.

Ce soutien, nous pouvons tous contribuer à l’apporter, en France et tout particulièrement chez nous, dans les Pays de la Loire, par un grand élan de générosité et de responsabilité.

C’est pourquoi je m’apprête à lancer, avec le groupe des Chrétiens d’Orient du Sénat que je préside et des associations spécialisées, un système de parrainage humanitaire entre des familles françaises et des familles de réfugiés en Irak. Chaque famille volontaire apportera un soutien financier, matériel et moral à la famille irakienne qui lui aura été confiée. Et je proposerai, si je suis élu président des Pays de la Loire, que notre région devienne pilote de cette initiative qui pourrait être coordonnée par le Conseil régional, qui possède la compétence et l’expérience en matière de relations internationales.

Ce que je propose, c’est de créer entre notre région et les réfugiés en Irak une solidarité de visage à visage, de cœur à cœur. Une solidarité qui s’appuierait sur les valeurs de générosité qui sont ancrées dans les Pays de la Loire et dans le cœur des Ligériens.

Cette initiative ne résoudra pas tout, évidemment. Mais j’ai la conviction que les minorités d’Orient qui ont trouvé refuge dans des zones relativement stabilisées, et auxquelles nous lient tant de liens multiséculaires, attendent que nous les aidions aussi sur place.

Bruno RETAILLEAU