La très longue interview d’Emmanuel Macron laisse le lecteur sur sa faim. On y apprend peu de choses.

La très longue interview d’Emmanuel Macron laisse le lecteur sur sa faim. On y apprend peu de choses. C’est une interview réaction après les mauvais sondages qui désignent des boucs émissaires ; les collectivités locales, les retraités qui sont la cause de la paupérisation des jeunes, le vieux monde, la Pologne, le Figaro… Aucune place pour l’autocritique. 

Comme si Emmanuel Macron était toujours candidat.

La pensée apparaît bien complexe, c’est-à-dire pas vraiment cohérente. 

Emmanuel Macron annonce simultanément des dépenses nouvelles dans les domaines régaliens et l’objectif de 3 % de déficit sans aucune piste concrète et structurelle d’économie. Il veut que la France redevienne un pays fier et assume une vision fédéraliste de l’Europe. La réforme du travail est annoncée comme une révolution copernicienne mais pas un mot sur le temps de travail ou l’âge de départ à la retraite.

Ce n’est pas avec un tel discours qu’Emmanuel Macron va parler à la France en colère. Ces choix et son discours sur le monde ancien relèguent des millions de Français au rang d’inutiles. Emmanuel Macron est un adepte de la « destruction créatrice ». Sa vision est manichéenne. Il y a le mal, le monde d’avant ;  le bien, son monde à lui. 

Emmanuel Macron ignore totalement la France périphérique confrontée à la désertification économique et à la dépossession culturelle. C’est un monde qu’il ne connait pas et à qui il ne parle pas.

Bruno RETAILLEAU